Zone Sismique France — NF EN 1998-1 · agr et kh par zone

La NF EN 1998-1:2005 complétée par l'Annexe Nationale française, le Décret n° 2010-1254 et l'Arrêté du 22 octobre 2010 définissent cinq zones sismiques pour la France avec une accélération de référence agr allant de 0,04 g (zone 1, très faible) à 0,30 g (zone 5, forte, Antilles). Le zonage traduit la sismicité historique et instrumentale : les Antilles (Guadeloupe, Martinique) présentent le risque le plus élevé en raison de la subduction de la plaque Atlantique, suivies par les Pyrénées, la Provence et l'Alsace. Ce calculateur fournit agr par zone et calcule le coefficient pseudostatique kh utilisé pour les murs de soutènement, la stabilité des pentes et les fondations sous charge sismique.

Qu'est-ce que c'est et quand l'appliquer ?

La NF EN 1998-1 et son Annexe Nationale imposent que tout bâtiment situé en zone 2 à 5 soit dimensionné avec l'accélération de référence agr de sa zone. En zone 1 (très faible) aucun calcul sismique n'est exigé pour les bâtiments courants. La classe de sol (A, B, C, D, E selon Eurocode 8) définit le facteur d'amplification S = 1,0 à 1,8. En géotechnique, agr est utilisée directement pour calculer le coefficient pseudostatique horizontal kh dans les analyses simplifiées de stabilité : kh = 0,5·agr/g pour les pentes avec déplacement Newmark admissible (10-25 cm selon Hynes-Griffin & Franklin 1984), et kh = agr/g pour les structures rigides. L'application est obligatoire pour les bâtiments de catégories II à IV (habitation, ERP, hôpitaux, casernes), ouvrages d'art, murs de soutènement, remblais routiers et fondations de machines dans les zones concernées.

Formules appliquées

Accélération de référence au rocher (NF EN 1998-1 AN) :

agr = 0,04 g (zone 1) · 0,07 g (zone 2) · 0,11 g (zone 3) · 0,16 g (zone 4) · 0,30 g (zone 5)

Coefficient sismique horizontal pseudostatique :

kh = 0,5·(agr/g) → pentes et murs avec déformation admissible

kh = 1,0·(agr/g) → structures rigides sans déformation admise

kv = 0 (courant) ou kv = ±0,5·kh (projets critiques ou failles actives)

Accélération en surface (facteur de sol) :

amax = S · agr, avec S selon classe de sol : A=1,0; B=1,35; C=1,5; D=1,6; E=1,8

Poussée sismique mur (Mononobe-Okabe) :

θ = arctan(kh/(1−kv)), puis Kae est calculé selon la méthode classique

Calculer en ligne

Sélectionnez la zone sismique française et l'usage géotechnique. Renvoie agr, kh pseudostatique et amax amplifiée par le sol.

Pour les projets critiques (barrages, installations nucléaires, ouvrages classe I) utiliser une analyse dynamique non linéaire au lieu de la méthode pseudostatique.

Exemple de calcul

Mur de soutènement H=6 m · Zone 4 Provence · Sol C
ParamètreValeur
LocalisationProvence (Nice), Zone 4 NF EN 1998-1 AN
agr0,16 g
Sol classe C (dense)S = 1,5
UsageMur de soutènement avec déformation admissible
kh pseudostatique0,5 × 0,16 = 0,08
amax surface1,5 × 0,16 = 0,24 g

Avec kh = 0,08 on calcule la poussée sismique par Mononobe-Okabe : θ = arctan(0,08/(1−0)) = 4,6°. Ce Kae multiplie le poids du remblai sur le mur et s'ajoute à la poussée statique de Rankine/Coulomb. Vérifications : FS renversement ≥ 1,5 et FS glissement ≥ 1,1 selon NF P 94-281. L'accélération en surface amax = 0,24 g est utilisée dans le spectre de dimensionnement NF EN 1998-1 pour la structure du mur (pas dans l'analyse de la poussée des terres).

Résultat : Zone 4 · agr = 0,16 g · kh = 0,08 · amax = 0,24 g · application dans Mononobe-Okabe avec vérification NF P 94-281

Tableau des zones par région (NF EN 1998-1 AN)

Zones sismiques par région administrative française
ZoneagrRégions typiques
Zone 50,30 gAntilles françaises : Guadeloupe, Martinique (subduction Atlantique)
Zone 40,16 gPyrénées-Atlantiques (Bagnères, Lourdes), Hautes-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur (Nice, Menton, Bastia)
Zone 30,11 gRhône-Alpes (Grenoble, Briançon), Alsace (Strasbourg, Mulhouse), Hautes-Alpes, Jura, Vosges sud
Zone 20,07 gLoire-Atlantique, Île-de-France sud, Centre-Val de Loire, Charente, partie du Massif Central
Zone 10,04 gParis, Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Bretagne, Picardie (très faible sismicité)

Interprétation des résultats

Le zonage français concentre la sismicité la plus élevée (0,30 g) aux Antilles où la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe génère des séismes Mw 7-8 (Martinique 1839, Guadeloupe 2004). En métropole, les Pyrénées (zone 4, 0,16 g) sont sismiquement actives (Arette 1967, Mw 5,5) ainsi que la Provence (Lambesc 1909, Mw 6,0). La vallée du Rhône et l'Alsace (zone 3) présentent une sismicité modérée liée à des failles intraplaques. La moitié nord de la France est en zone 1 (très faible). En géotechnique, les projets avec agr ≥ 0,11 g exigent une analyse spécifique de liquéfaction des sables saturés, Mononobe-Okabe pour les murs, et Bishop pseudostatique ou Newmark pour les pentes. Pour les barrages et centrales nucléaires, une analyse dynamique par éléments finis est requise (RFS 2001-01).

Références normatives

Questions fréquentes

Pourquoi les Antilles sont-elles en zone 5 ?

Les Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique) sont situées sur l'arc insulaire des Petites Antilles où la plaque Atlantique subducte sous la plaque Caraïbe à une vitesse d'environ 2 cm/an. Ce contexte génère des séismes interplaques Mw 7-8 (Guadeloupe 2004 Mw 6,3, Martinique 2007 Mw 7,4) et des séismes intraplaques profonds. La zone 5 avec agr = 0,30 g est la plus élevée de France, comparable à l'Italie centrale ou à la Grèce.

Comment l'Annexe Nationale modifie-t-elle le calcul ?

L'Annexe Nationale française à NF EN 1998-1 définit la carte de zonage avec 5 niveaux agr, fixe les facteurs de sol S = 1,0-1,8 selon la classe A-E et introduit des coefficients d'importance γI = 0,8 à 1,4 selon la catégorie de bâtiment (I à IV). Pour le calcul géotechnique pseudostatique on utilise agr au rocher (sans amplification) car la pente/le mur est situé sur le sol lui-même.

Quelle zone s'applique en région parisienne ?

L'Île-de-France est majoritairement en zone 1 (0,04 g, très faible sismicité) car éloignée des zones actives. Pour les bâtiments d'habitation courants (catégorie II) aucun calcul sismique n'est exigé. Seuls les établissements classés catégorie IV (hôpitaux, centres de secours, casernes) requièrent un dimensionnement minimal. La moitié sud de l'Île-de-France (Essonne, Seine-et-Marne sud) peut basculer en zone 2 (0,07 g).

NF EN 1998-1 suffit-elle pour le dimensionnement géotechnique ?

NF EN 1998-1 fournit agr et la classification de sol. Pour le dimensionnement géotechnique elle se complète avec la NF P 94-281 (murs de soutènement, justifications sismiques) et des analyses spécifiques : Mononobe-Okabe pour les murs, Seed-Idriss pour la liquéfaction, analyse dynamique FEM pour les barrages et ports. L'application directe de la méthode pseudostatique avec kh = 0,5·agr suffit pour les ouvrages courants avec déformation admissible.

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